• Fin 1940, le RLM (Ministère de l'Air du IIIe Reich), publia, suite à l'agravation de la situation militaire au dessus de l'Atlantique et des tensions avec les Etats-Unis, un programme pour un bombardier à très long  rayon  d'action  (12 000 km), censé effectuer l'aller/retour entre Brest (France) et New York (Etats-Unis). Il devait également servir pour transporter du courrier de haute importance et des matières premières sur de longues distances.
    C'est ainsi que Willy Messerschmitt proposa, pour répondre à la demande du RLM, son projet P.1061, avec une autonomie de 15 000 km et une soute permettant l'emport de 5 000 kg de bombes ou autre. Le RLM accepta de suite le projet de Messerschmitt et décida d'en commander 6 exemplaires de présérie puis après validation, devait être commandés 24 exemplaires.
    Mais en 1941, deux problèmes vinrent ralentir le projet : la conception d'un moteur puissant pour ce futur avion et un armement défensif télécommandé.
    En janvier 1942, les conditions de guerre amène le Général Milch (Ministre de l'Air) à suspendre ou réduire quelques programmes  et  notamment  le  Me-264, ainsi le nombre de Me-264 destiné aux essais passe de 6 à 3 et la commande des 24 exemplaires est mise au silence.
    En février 1942, soit un mois après, le Me-264 reprend de l'importance et lors d'une  conférence entre  les  constructeurs, le 15 février, Friebel  déclare qu'il sera impossible d'atteindre les Etats-unis sans procéder au ravitaillement en vol, procédé assez futuriste pour l'époque, malgré le succès rencontré du ravitaillement en vol effectué plus tôt entre un Focke-Wulf Fw-58 et un Junkers Ju-90.
    Le 28 février 1942, le développement du 264 est transféré à la firme Dornier malgré les problèmes de construction qu'elle connait. Le 15 avril 1942, le Général Von Gablenz reçoit l'ordre de Milch de vérifier les performances du 264. C'est ainsi que le 24 avril 1942, eut lieu une inspection dirigée par le Lieutenant-Colonel Petersen. Celle-ci démontra que le prototype était terminé à 90 %. Le 7 mai 1942, le rapport de la vérification est soumis à une commission, il est dit qu'avec un poids maxi de 45 000 kg, il pourrait parcourir 13 000 km équipé de quatre Jumo 211 J ou 14 000 km avec quatre BMW 801. Le 1er prototype fut alors attendu pour le printemps 1942 mais, nous verrons plus loin qu'il n'arriva jamais à la date prévue.
    Le 12 mai 1942, eut lieu à  Berlin, une réunion, Friebel   y déclara  que  le Me-264 sera suspendu au profit du Junkers Ju-290, le Me-264 servira alors comme ravitailleur. Quelques jours plus tard, le Me-264 revint sur le devant de la scène, dû à son avance technologique. Le RLM décida, si tout ce passerai bien, d'en commander 30 exemplaires.
    Avec l'avancement des constructions, Messerschmitt déclara que le 1er prototype pourrait effectuer son premier vol le 10 octobre 1942 mais, à cause des retards de livraison de divers équipements (Train d'atterrissage, moteurs ...) le 1er vol fut retardé.
    Finalement ce n'est que le 23 décembre 1942, que le prototype du Me-264 prit l'air aux mains du pilote d'essai de Messerschmitt, Karl baur. Mais le 23 mars 1943, une nouvelle ralenti le programme : le prototype eut un problème à l'atterrissage. Plus tard, l'Amiral Dönitz (Chef de la UBoatWaffe) réclama un avion de reconnaissance maritime pouvant mieux faire que le Blohm und Voss Bv-222 Wking. Hitler lui, proposa le Me-264 avec l'autonomie de 17 000 km. La version bombardier du 264, fut alors oubliée. Le lendemain, Milch, se montra favorable à la poursuite de la construction du Me-264 et des autres mais, pour s'en servir à des fins d'expérimentation.
    En octobre 1943, le constructeur Heinkel attira  l'attention  sur l'inutilité du Me-264 et proposa à sa place le Ta-400 et une version améliorée du Heinkel He-177.
    Le 14 octobre, lors d'une réunion entre Friebel, Göering, Milch et Messerschmitt; ils se mirent d'accord sur l'impossibilité de la poursuite du programme car l'argent venait à manquer. La priorité de Messerschmitt était la construction du Me-262, ce qui retarda également le projet.
    Peu après, Milch déclara : "Le Me-264  ne gagnera  pas la guerre, mais le Me-262 peut la gagner. C'est pourquoi tous les efforts doivent être portés sur ce dernier. Si Messerschmitt ne parvient à mettre un terme à cette affaire, je demanderait qu'une décision soit prise. Je n'ai pas besoin d'un avion capable de franchir 20 000 km si il se disloque au décollage même si cela n'arrive q'une fois sur dix".
    Le 18 mars 1944, l'aérodrome de Lechfeld subit un bombardement, pour ne pas que le seul prototype construit soit détruit, il est décidé de le transférer à Memmingen. Malgré l'optimisme de certaines personnes, le Me-264 n'a aucune chance. Il fut alors remplacé, dans son rôle de reconnaissance à longue distance, par le Dornier Do 335 qui lui possédait une vitesse maximale de 725 km/h, un plafond de 8 000 m et une autonomie de 9 600 km.
    Le 18 juillet 1944, jour terrible pour le Me-264 : Il est entièrement détruit ainsi que la majorité de son outillage ( 80 %), lors d'un bombardement effectué par les Alliés. Messerschmitt essaya alors de terminer les deux autres prototypes alors en construction pour relancer le programme mais n'y parviendra pas suite à la perte de la plupart de l'outillage nécéssaire.
    C'est le 23 septembre 1944, que les travaux sur le Me-264 furent entièrement stoppés ce qui mit donc fin à la triste carrière du Me-264.

    Caractéristiques  :

    Nationalité : Allemande
    Constructeur : Messerschmitt
    Date du premier vol : 23 décembre 1942
    Nombre d'exemplaires : 1 plus deux autres en construction
    Rôle : Bombardier puis avion de reconnaissance
    Equipage : 8
    Envergure : 43.00 m
    Longueur : 21.30 m
    Hauteur : 4.30 m
    Surface alaire : 127.80 m²
    Poids à vide : 21 150 kg
    Poids en charge : 45 540 kg
    Poids maxi au décollage : 56 000 kg
    Moteur : Quatre BMW 801 G/H
    Puissance : 1 730 ch unitaire
    Vitesse maxi : 560 km/h
    Vitesse d'atterrissage : 130 km/h
    Vitesse de croisière : 350 km/h
    Vitesse ascensionnelle : 120 m/min
    Plafond : 8 000 m
    Autonomie : 15 000 km
    Charge alaire : 356 kg/m²
    Armement : Quatre mitrailleuses MG 131 de 13 mm, deux canons MG 151 de 20 mm et 3 000 kg de bombes en soute

    Vue de face du Me 264

    Vue du cockpit du Me 264

    Profils du Me 264 dans sa configuration examoteur (jamais réalisé)


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