• Bloch 174

    En réponse a un appel d’offre de l’Armée de l’Air de la fin 1936 pour un avion rapide d’usage général, pouvant si besoin est accomplir des missions de reconnaissance et de bombardement, le constructeur Marcel Bloch propose le projet MB.170. Le développement de cet appareil continue malgré la nationalisation des usines Bloch en janvier 1937 (sous le nom de Société nationale de constructions aéronautiques du Sud-Ouest ou SNCASO). Un prototype volera en février 1938.

    Cependant, cet appareil n’est pas adapté à la demande de l’Armée et il subit une série de modifications. On retire notamment une tourelle et on modifie l’empennage. Ce nouvel appareil est désigné MB.174, et est plus spécifiquement orienté vers la reconnaissance stratégique et le bombardement.

    Le nouveau design effectuera son vol inaugural en juillet 1939. Très rapidement, l’avion se révèle facile à piloter. Cependant, sa soute à bombe est vite jugée trop petite car elle ne permet guère d’emporter des bombes plus grosses que les "petites" 50 Kg !

    Le MB.174 est mis en service par le groupe de reconnaissance II/33 à la mi-mars 1940 et sera reçut par les groupes I/33, I/52 et II/36 jusqu’à la fin des hostilités avec l’armistice du 22 juin. L’armistice met fin à la production, qui se monte alors à 56 avions pour le MB.174.01A.3, et à 23 pour le MB.175B.3.

    Au cours de la bataille de France, le MB.174 n’aura eu guère d’utilité comme bombardier, limité comme il était par sa trop petite soute, mais sera un grand avion de reconnaissance. Capable d’évoluer à une importante vitesse et conservant une excellente maniabilité à haute altitude, il est alors capable d’échapper à l’essentiel de la flotte de chasse allemande ! Quatre MB.174, seulement, furent perdu à l’ennemi durant la bataille de France

    Notons qu’Antoine de Saint-Exupéry, célèbre auteur du Petit Prince pilota un de ces avions durant la bataille de France. Une de ses missions, où il vit la disparition de deux de ses amis qui l’escortaient sur des D-520, le marqua beaucoup et eu une influence sur son écriture.

    L’armistice ne signa toutefois pas la fin du service du MB.174. Si un certain nombre d’appareils furent détruits au sol par leurs équipages pour en éviter la capture, c’est tout de même dix engins qui furent capturés intacts par les forces allemandes et immédiatement versés à la Luftwaffe. Les usines Bloch continueront de produire des MB.174 pour le compte des forces Vichystes ou directement pour la Luftwaffe, qui les utilisait pour l’entraînement et la formation de ses pilotes.

    Un petit nombre de MB.174 combattirent aux côtés de la France Libre. A la fin de la guerre, l’avion était toujours opérationnel au sein de l’Armée de l’Air et de l’Aéronavale et le restera jusqu’en 1950 sous sa version T, adapté aux missions de torpillages.

    Armements

    Le MB.174 était un appareil qui embarquait un armement conséquent pour sa taille ou les missions qui pouvaient lui être confiées.

    Il n’avait pas moins de sept mitrailleuses MAC 1934 de 7.5 mm. Cinq de ces mitrailleuses tiraient vers l’avant, dont deux fixées dans les ailes et trois montées dans des "pods" ventraux amovibles. Les deux restantes étaient montées en tourelle à l’arrière, et servies par le deuxième membre d’équipage.

    La soute pouvait contenir jusqu’à 400 Kg de bombes, généralement réparties en huit bombes de 40 Kg. Sur les versions les plus récentes, quatre bombes de 100 Kg ou deux bombes de 200 Kg pouvaient être montées dans la soute.

    Motorisation

    La version de base du MB.174 était pourvue de deux Gnome-Rhône 14N-20/21, moteurs en étoile de 14 cylindres, d’une puissance individuelle de 1 030 ch.

    Afin de soulager les fabricants français de moteur au plus fort de la campagne, une version équipée de moteur Pratt & Whitney R-1830 Twin Wasp fut créée. Elle se révéla cependant moins performante que la version d’origine.

    Versions

    MB.170.01 : premier prototype, équipé comme un avion de reconnaissance
    MB.170.02 : second prototype, équipé comme un bombardier
    MB.174.01A.3 : appareil de série
    MB.175B.3 : appareil de série, seconde version, fuselage allongé pour emporter des bombes de 100 et 200 Kg
    MB.175T : appareil de série, version torpilleur
    MB.176.01 : prototype équipé de Pratt & Whitney R-1830 Twin Wasp
    MB.176B.3 : appareil de série, avec les Pratt & Whitney R-1830 Twin Wasp
    MB.177 : prototype équipé de Hispano-Suiza 12Y-31

    Caractéristiques

    Nationalité : Française
    Constructeur : Bloch
    Date du premier vol : Février 1938
    Date de mise en service : Mars 1940
    Date de retrait : 1950
    Rôle : Avion de reconnaissance et de bombardement léger
    Equipage : 4
    Envergure : 17.90 m
    Longueur : 12.25 m
    Hauteur : 3.55 m
    Surface alaire : 38.00 m²
    Poids à vide : 4 438 kg
    Poids maxi au décollage : 7 160 kg
    Moteur : Deux  Gnome-Rhône 14N-20/21 de 14 cylindres
    Puissance : 1 030 ch unitaire
    Vitesse maxi : 530 km/h
    Vitesse de croisière :
    Vitesse ascensionnelle : 12.11 m/s ou 727 m/min
    Plafond : 11 000 m
    Autonomie : 1 650 km
    Armement : Deux mitrailleuses MAC 1934 de 7.5 mm dans les ailes, deux autres semblables en position dorsale, trois autres semblables en arrière et 400 kg de bombes ou huit bombes de 40 kg

    Bloch 174/175


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