• Mitsubishi KI 46 "Dinah"

    Mitsubishi Industrie Lourde" était depuis l'ère Meiji l'un des plus gros conglomérat industriel japonais.

    En matière aérienne, Mitsubishi fut l'un des pionniers et l'un des plus gros: le premier pour les moteurs, le second pour les avions, (dépassé seulement par Nakajima en nombre mais pas en poids: Mitsubishi fabriqua des avions plus grands que sa rivale).

    La division aéronautique de Mitsubishi est fondée en 1918 dans le cadre du holding. Il prend une certaine indépendance en 1928 quand il devient une filliale baptisée "Mitsubishi Kokuki KK" (Mitsubishi aéronautique SA). Il réintègre dès 1934 le giron de la maison mère et reprend son statut de division.


    Les activités de Mitsubishi sont diversifiées géographiquement, mais le gros des usines se concentrent autour de Nagoya.

    La production et la productivité sont en augmentation rapide de 1941 à 1944 puis l'une et l'autre s'effondrent ne 1945 par manque de matières premières et sous les coups des bombardements alliés. Même sa position dominante dans la production de moteurs passe à sa rivale en 1945.


    La star du bureau d'étude de Mitsubishi fut Jiro Horikoshi: c'est son équipe qui dessina la lignée des chasseurs Claude, Zero et Sam, qui équipèrent (et aurait dû équiper) les porte-avions japonais pendant toute la guerre.

    Le Mitsubishi Ki 46 fut probablement le plus bel appareil de reconnaissance de la Seconde Guerre mondiale et certainement l'un des plus heureux, tant du point de vue esthétique que du point de vue aérodynamique.

    Cet avion reflète aussi l'importance attachée à l'époque à la reconnaissance stratégique à longue distance par le haut commandement japonais qui se rendit compte au début des années trente que ses forces auraient à combattre loin de leur commandement et que par conséquent une reconnaissance efficace serait très profitable. Ainsi, tandis que les pays occidentaux se contentaient de mettre au point des versions de reconnaissance de leurs bombardiers ou de leurs chasseurs alors en service, les Japonais étudièrent des appareils conçus pour la reconnaissance « ab initio u.

    L'avion japonais standard de cette spécialité était en 1937 le Mitsubishi Ki 15, mais, cette même année, l'autorité militaire émit un appel d'offres en vue de son éventuel remplacement. Les performances réclamées étaient très élevées mais, sagement, l'armée laissa les constructeurs décider eux-mêmes de la configuration exacte qu'ils entendraient donner à leur avion pour atteindre ces performances la vitesse maximale requise était de 600 km/h et l'autonomie de près de 2 400 km.

    Le bureau d'études de Mitsubishi, sous la direction de Tomio Kubo, avait déjà quelque expérience dans le domaine du monoplan bimoteur de hautes performances. Ils optèrent donc pour cette formule. Mitsubishi fut considérablement aidé dans ses travaux par l'Institut de recherches aéronautiques de l'université de Tokyo en ce qui concernait la conception du train d'atterrissage et l'excellent profilage des fuseaux moteurs. Mais les travaux sur le prototype furent ralentis par les nombreux essais en soufflerie qui furent nécessaires.

    Le prototype équipé de deux moteurs en étoile Mitsubishi Ha 26 de 900 chevaux vola en novembre 1939. Malgré l'excellence des performances en général, la vitesse maximale demeura inférieure de 65 km/h à ce qui était demandé dans les spécifications, mais comme cette vitesse était plus élevée que celle des plus récents chasseurs de l'armée et de la marine, le haut commandement fut néanmoins enthousiasmé. L'avion fut commandé en série sous la désignation Avion de reconnaissance stratégique de l'Armée type 100 modèle 1 et la désignation constructeur Ki 46 1.

    Bien que ce Modèle 1 ait été généralement satisfaisant, les unités dans lesquelles il servait se plaignirent de la faiblesse de son train d'atterrissage, sujet à des ruptures lors des prises de terrain un peu brutales, et d'une certaine inefficacité des ailerons et du gouvernail de direction. Cependant, le Ki 46 fut généralement bien accueilli. Mais alors que le prototype était en fin d'évaluation, Mitsubishi reçut de l'armée le feu vert pour remplacer les moteurs Ha 26 par des moteurs en étoile Ha 102 qui dérivaient des types précédents et qui en avaient les mêmes dimensions, avec une puissance de 1 080 chevaux au décollage.

    Le premier appareil de cette série, désignée Ki 46 11, vola en mars 1941 et atteignit une vitesse supérieure à 600 km/h. Le nouveau type entra en production immédiatement et démontra ses qualités dans les opérations contre les Philippines, la Malaisie, les Indes Néerlandaises et la Nouvelle-Guinée.

    Cependant, l'arrivée des plus récents chasseurs alliés en Australie et aux Salomons devait causer au Modèle 2 (Ki 46 11) de lourdes pertes. Les Japonais, qui avaient anticipé cette situation, commandèrent en mai 1942 une version du Ki 46 équipé de deux moteurs Ha 112 II en étoile, de 1 500 chevaux chacun. La consommation en carburant du nouveau moteu étant supérieure à celle des modèles précé dents, la capacité des réservoirs internes lu augmentée en même temps que le train d'atter rissage était renforcé et tout l'avant redessinné sous forme d'un large arrondi abondamment vitré.

    Ce nouveau modèle entra en production en décembre 1942 sous la désignation Ki 46 III, ou Modèle 3. Celui-ci fut bien accueilli par les pilotes en raison de sa vitesse qui dépassait 620 km/h et de ses qualités en altitude. Au fur et à mesure de l'arrivée des Modèles 3 dans les unités du front, les Modèles 2 furent relégués à des tâches d'entraînement et parfois munis d'un cockpit surélevé derrière le pilote, donnant ainsi une troisième place pour un navigateur-radio. Ainsi transformé, le Modèle 2 devint l'Avion d'Entraînement Opérationnel de l'Armée type 100, ou Ki 46 II KAI.

    Les performances du Modèle 3 étaient telles que l'armée montra de l'intérêt pour l'avion dans sa version intercepteur à haute altitude. Il en résulta le type Ki 46 111 KAI ou Chasseur de Défense de l'Armée, type 100, qui ne fut pas très réussi. Il reçut un avant tôlé contenant deux canons de 20 mm Ho 5, tandis que le réservoir entre le pilote et l'observateur faisait place à un canon de 37 mm Ho 203 monté obliquement vers le haut et l'avant.

    La dernière version de reconnaissance fut le Ki 46 1V ou Modèle 4, propulsé par deux moteurs en étoile Ha 112 11 Ru qui délivraient 1 100 chevaux à une altitude de 10000 mètres. Quatre prototypes furent construits, mais des problèmes inhérents aux turbo-compresseurs entraînés par l'échappement, et non résolus, empêchèrent la mise en service du KI 46 IVa (Modèle 4) et de son équivalent, le chasseur Ki 46 IVb.

    Type

    biplace de reconnaissance

    Moteur

     2 Mitsubishi Ha-102 (Armée type 1) à 14 cylindres en étoile refroidis par air donnant chacun 1 080 ch au décollage et 1 055 ch à 2 800 m

    Armement

    1 mitrailleuse orientable Type 89 de 7,7 mm alimentée à 216 coups à l'arrière du cockpit

    Vitesse maximale

    600 km/h à 5 800 m

    Vitesse de croisière

    400 km/h à 4 000 m

    Vitesse ascensionnelle

    8 000 m en 17 mn 58 s

    Plafond pratique

    10 700 m

    Autonomie

    2 470 km

    Poids

    3 263 kg à vide; 5 050 kg en charge; 5 800 kg maximum

    Envergure

    14,70 m

    Longueur

    11 m

    Hauteur

    3,88 m

    Surface alaire

    32 m2

    Equipage

    2


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