• Morane-Saulnier MS-505 Criquet

    Fieseler Fi-156 "Storch" : voici le nom de celui qui allait devenir MS-505, près de 10 ans après sa conception en Allemagne.

    C'est au Circuit Européen de 1934 que débutèrent les prémisses de l'histoire du "Storch", le meilleur avion d'observation et de liaison de la Seconde Guerre mondiale. Cette course permit au constructeur Gerhardt Fieseler, vétéran de la Grande guerre, de se faire connaître auprès du RLM Ministère de l'Air allemand.

    En effet, le RLM lança dès 1935 un appel d'offres concernant un avion susceptible d'être utilisé à partir de terrains non préparés avec les possibilités de décoller et d'atterrir sur de très courtes distances pour remplir des missions d'observation, de liaison et de coopération avec la Wermacht, l'armée de Terre allemande.

    Après une étude dans les bureaux de la Fieseler-Flugzeugbau, qui allait solliciter l'inventivité des aérodynamiciens allemands, Gerhardt Fieseler pilota le Fi-156 "Storch" - cigogne - pour son premier vol, le 10 mai 1936.

    L'avion présentait des performances extraordinaires: proche de l'hélicoptère actuel, le Fi-156 avait la faculté de décoller sur une distance de moins de 60 m. et d'atterrir en 20 m.

    L'avion entamait une carrière qui allait le mener sur tous les théâtres d'opérations où fut engagée l'armée allemande ; plusieurs généraux d'Hitler pilotèrent le "Storch", tel von Bock, qui passa les troupes allemandes en revue sur les Champs-Elysées. Cet appareil, dédié aux conditions de vol extrêmes, prit ainsi part avec la légion Kondor aux actions en Espagne contre les Républicains, participa au "Blitzkrieg" sur la Pologne en 1939, entra en France à partir du 10 mai 1940 où il surveilla l'édification du Mur de l'Atlantique tandis qu'il poursuivit sa carrière en version tropicalisée lorsqu'il fut mis en service en Sicile et enfin en Libye pour assurer les liaisons avec les unités de l'Afrikakorps et Rommel. Partout où les armées allemandes passèrent, le "Storch" y laissa son ombre.

    Alors que les usines allemandes étaient réquisitionnées pour fabriquer des chasseurs, Fieseler confia la production des Fi-156 à Morane-Saulnier. De fait, la Résistance profita de ces appareils pour mener son combat, en secret, sur des terrains clandestins et de nuit. Ainsi, à la fin des hostilités, le "Storch" continua à être produit chez Morane-Saulnier, au titre de prise de guerre, et devint le MS500. L'armée française s'en équipa et l'avion servit notamment aux mains des convoyeuses de l'Air en Indochine. Remotorisés, de nombreux MS500 connurent une carrière civile après-guerre, en tant que remorqueurs de planeurs.

    En juillet 1943, Mussolini était retenu prisonnier à l'hôtel "Campo Imperatore", perché à 2 116 m. d'altitude sur les pentes des Abruzzes. Hitler, ayant décidé de libérer le "Duce", confia l'opération à ses pilotes.

    Plusieurs planeurs d'assaut se posèrent aux abords de l'hôtel et, bientôt, un petit appareil atterrit à son tour. Les allemands, aidés par Mussolini lui-même, aménagèrent une piste de fortune d'à peine 60 m. Le moteur à plein régime, des soldats s'aggripèrent aux ailes et à la queue de l'appareil et, quand le pilote fit signe de tout lâcher, l'avion entama un roulage chaotique sur la piste improvisée.

    Il décolla en bordure du précipice, non sans mal, mais avec le "Duce" à son bord.

    Monoplan à aile haute contreventée, le "Storch", comme la série dérivée des Morane-Saulnier MS500, était doté d'un dispositif hypersustentateur très efficace, composé de becs de bord d'attaque à fente type Handley-Page et de grands volets de courbure.

    La principale différence entre l'avion originel allemand et les variantes françaises réside dans la motorisation, puisque le Fi-156 était doté d'un moteur en V inversé refroidit par air comme le MS500, mais les MS-502 étaient remotorisés par des moteurs en étoile Salmson 9ab, puis des Jacobs 8755 pour les MS-505, tous deux non capotés.

    L'avion allemand était équipé de la radio - FuG 17 -, disposait d'une planche de bord rudimentaire et le train d'atterrissage oléopneumatique d'une voie de 3,40 m. permettait d'amortir les chocs au cours du roulage. L'hélice d'origine était en bois et une étude abandonnée par la suite porta sur le montage d'une hélice à pas variable.

    Caractéristiques :

    Nationalité : Française
    Constructeur : Morane-Saulnier 
    Envergure : 14.25 m
    Longueur : 9.90 m
    Poids maxi au décollage : 1325 kg
    Moteur : Un Jacobs R-755 en étoile 7 cylindres
    Puissance : 305 ch à 2 100 tr/min
    Plafond : 5 090 m


  • Commentaires

    1
    visiteur_vagabonduci
    Mardi 12 Février 2008 à 22:50
    la difference la plus importante entre le Morane 502 avec le moteur Salmson et le F I 156 storch il y à bien entendu la motorisation mais aussi la difference de structure au niveau des ailes,celle du Storch etait entirement en bois et entoilées celles du Morane sont de structure métallique et partiellement entoilées idem pour le 505
    pour info
    salutations
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    2
    F. de Sesmaisons
    Lundi 15 Mars 2010 à 13:45
    Merci pour votre site si intéressant et bien documenté.
    Le Morane 505 est-il bien l'appareil qui était utilisé en Indochine dans les années 1950 ??
    Puis-je utiliser la photo de votre site pour illustrer en noir et blanc l'annexe d'un livre de souvenirs en préparation ?
    Merci d'avance de votre réponse. fhsesm@orange.fr
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